L’état des plastiques par l’ONU Environnement

L’état des plastiques par l’ONU Environnement

L’ONU Environnement a publié une étude sur l’état du plastique dans le monde. Elle apporte un éclairage complet sur les méfaits du plastique et sur les solutions de substitution, avec les avantages et les inconvénients liés. L’étude soumet une feuille de route en 10 étapes pour réduire l’empreinte plastique dans le monde. Elle détaille également la notion de recyclage pour le plastique. Extraits.

Les avantages que fournissent le plastique sont indéniables. C’est un matériau bon marché, léger et facile à produire. Ces qualités ont entraîné un boom de la production plastique au cours du siècle dernier. Cette tendance va se poursuivre et la production mondiale de plastique montera en flèche au cours des 10 à 15 prochaines années.

Nous sommes d’ores et déjà incapables de faire face à la quantité de déchets plastiques que nous produisons.

Seule une infime fraction en est recyclée. Environ 13 millions de tonnes de plastique pénètrent dans nos océans chaque année, nuisent à la biodiversité, aux économies et probablement à notre propre santé.

Nous devons de toute urgence repenser la façon dont nous fabriquons, utilisons et gérons le plastique. S’attaquer à l’un des plus grands fléaux environnementaux de notre temps exigera que les gouvernements optent pour des réglementations, que les entreprises innovent et que les individus agissent.

Les emballages en plastique représentent environ la moitié des déchets plastiques dans le monde. La plupart de ces déchets sont générés en Asie. L’Amérique, le Japon et l’Union Européenne sont les plus grands producteurs mondiaux de déchets d’emballages plastiques par habitant. Nous ne disposons plus des capacités nécessaires pour faire face aux déchets plastiques.

Seulement 9% des neuf milliards de tonnes de plastique que le monde a jamais produites ont été recyclées.

Si les modes de consommation actuels et les pratiques de gestion des déchets se poursuivent, on comptera environ 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les décharges et l’environnement à l’horizon 2050. Si la croissance de la production de plastique se poursuit au rythme actuel, l’industrie des plastiques pourrait représenter 20% de la consommation mondiale de pétrole.

La plupart des plastiques ne sont pas biodégradables, ils se décomposent lentement en plus petits fragments connus sous le nom de microplastiques. Lorsque le plastique se décompose, il est encore plus difficile de le retirer des océans.

Lorsque les microplastiques sont ingérés par les poissons, il arrive qu’ils pénètrent dans notre chaîne alimentaire.

Des études suggèrent que des milliers d’années sont nécessaires pour que les sacs en plastique et les récipients en mousse de polystyrène se décomposent, contaminant pendant ce temps les sols et l’eau.

L’ONU Environnement a élaboré une feuille de route en 10 étapes que les gouvernements peuvent suivre pour résoudre le problème du plastique :

1- Cibler les plastiques à usage unique les plus problématiques ainsi que leur source. Évaluer l’impact de ces plastiques sur l’environnement, la santé, la faune et l’économie. Si le pays est disposé à adopter une taxe, il faut se renseigner sur les dispositions des consommateurs à payer, de sorte que le prélèvement soit suffisamment important pour inciter un changement de comportement.

2. Déterminer la meilleure façon d’aborder le problème compte tenu de la situation socio-économique du pays. Il n’est pas utile d’introduire une interdiction si elle ne peut pas être appliquée, par exemple.

3. Évaluer les coûts sociaux et économiques de l’interdiction. Comment est-ce que les plus pauvres seront-ils affectés ? Quel impact aura la ligne de conduite souhaitée sur les différents secteurs et industries ?

4. Rencontrer les principales parties prenantes : détaillants, consommateurs, représentants de l’industrie, gouvernements locaux, fabricants, société civile, groupes environnementaux, associations touristiques pour garantir une large adhésion. Des études reposant sur des preuves scientifiques sont également nécessaires pour surpasser l’opposition de l’industrie des plastiques.

5. Sensibiliser le public aux dommages causés par les plastiques à usage unique. Expliquer clairement la décision et les mesures punitives qui suivront.

6. Avant l’entrée en vigueur de l’interdiction ou de la taxe, évaluez la disponibilité des alternatives. Fournir des incitations économiques pour encourager l’adoption d’alternatives qui ne nuisent pas davantage que le plastique. Ces incitations peuvent être sous forme de réductions d’impôt, de fonds pour la recherche et le développement, des incubations technologiques, des partenariats public-privé et un soutien à des projets pour le recyclage des articles à usage unique et les transforment en une ressource pouvant être réutilisée. Réduire ou abolir les taxes sur l’importation de matériaux utilisés pour fabriquer des alternatives au plastique.

7. Fournir des incitations financières aux industries. Les gouvernements seront confrontés à la résistance de l’industrie des plastiques, y compris les importateurs et les distributeurs d’emballages en plastique. Donnez-leur le temps de s’adapter.

8. Utiliser les revenus générés par une taxe pour maximiser le bien public. Soutenez les projets environnementaux et encouragez le recyclage avec les fonds obtenus. Créer des emplois dans le secteur du recyclage des plastiques avec des fonds de démarrage.

9. Appliquer la mesure de manière efficace.

10. Surveiller et ajuster l’outil choisi si nécessaire puis informer le public sur les progrès.

“Biodégradable”, une notion peu lisible pour le grand public.

Dans un effort pour réduire la pollution plastique, de nombreux gouvernements ont interdit les sacs en plastique conventionnels, permettant uniquement l’utilisation et la production de sacs “biodégradables”. Alors que le plastique à base de pétrole domine toujours le marché, le plastique produit à partir de ressources renouvelables est en plein croissance.

Ces produits sont souvent commercialisés comme biodégradables ou biosourcés. Mais il y a un hic. Le terme « biodégradable » qui devrait désigner des sacs dégradables grâce au compostage domestique ou des sacs qui se décomposent naturellement et rapidement dans l’environnement peut être mal compris par les consommateurs.

En réalité, la majorité des plastiques biodégradables ne se dégradent qu’à des températures très élevées.

Les usines d’incinération répondent à ces conditions mais ça n’est pas le cas dans l’environnement. Même les bioplastiques issus de sources renouvelables telles que l’amidon de maïs, les racines de manioc, la canne à sucre ou la fermentation bactérienne du sucre ou des lipides (PHA) ne se dégradent pas automatiquement dans l’environnement et surtout pas dans l’océan.

Les plastiques biodégradables peuvent également être fabriqués à partir de pétrole ou d’une combinaison de ressources pétrolières et biosourcées. Certains polymères biosourcés, tels que le polyéthylène (PE) issu du bioéthanol, ne sont pas biodégradables.

La confusion parmi les consommateurs peut mener au tri et à la mise en décharge inadéquate de plastiques étiquetés comme « biodégradables ».

Ces sacs peuvent également rendre le recyclage plus difficile et plus coûteux s’ils sont mélangés avec des plastiques conventionnels. Les gouvernements doivent faire en sorte qu’une distinction claire est faite entre les plastiques compostables à domicile et les plastiques compostables industriellement.

Les consommateurs doivent comprendre que le terme « biosourcé » fait référence à l’origine de la ressource utilisée pour fabriquer un produit. Il ne désigne en aucun cas la façon dont le produit réagit une fois entreposé dans l’environnement après utilisation. Une augmentation significative de la production de plastiques biosourcés à un niveau comparable à celui des plastiques conventionnels pourrait avoir un impact négatif sur la production de cultures vivrières. Un meilleur étiquetage et une meilleure information des consommateurs sont essentiels.

Si les gouvernements insistent pour passer aux plastiques qui se dégradent dans les usines d’incinération, il est clair qu’ils doivent également investir dans ces infrastructures et veiller à ce que les différents types de déchets plastiques soient correctement séparés. Manquer à ces prérequis pourrait entraîner de plus grands problèmes environnementaux. 

Etude complète de l’ONU Environnement à retrouver icihttps://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/25513/state_plastics_WED_FR.pdf?sequence=4&isAllowed=y

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